Il y a quelque temps...

Il y a quelque temps...
Il y a quelque temps, je me suis convertie à l'Islam...

J'imagine que pour les non-musulmans, ça doit paraître plutôt bizarre d'avoir fait ce choix, surtout pour une fille.

Certains qui ne connaissent pas bien l'Islam pensent que la femme musulmane est oppressée. Bon, en même temps, avec ce qu'on peut voir à la télé, je les comprends.

Mais ce qu'on voit, ce n'est pas représentatif. Déja, si on observe ce qui se passe en Afghanistan ou en Arabie Saoudite, on trouve des points communs dans les excès, mais aussi des différences.

Pour commencer, le sujet du voile, le hijab. (Je ne vais pas me lancer dans une argumentation très structurée, je dis simplement mon point de vue.) La bourka en Afghanistan, est bleue, et cache tout le visage, avec une espèce de grille.
La tenue préférée des Saoudiennes, c'est un grand manteau tout noir, avec le voile assorti, qui cache tout.
Dans l'Islam, aucun texte ne privilégie le noir ou le bleu. En général, les couleurs sounnah sont plutôt le vert ou le blanc. Pendant le pélerinage à la Mecque, les femmes s'habillent en blanc et n'ont pas le droit de cacher leur visage ou leurs mains.

On peut en conclure que la bourka, bleue, est plutôt une tradition afghane, et non une obligation islamique. Et que la tenue noire de l'Arabie Saoudite est également une tradition du pays même.

Bref. Il y a un gros amalgame entre les traditions des pays musulmans, et l'Islam même. L'Islam est arrivé dans des pays qui avaient déja leurs propres traditions. Il ne faut pas tout confondre.

Le voile islamique est obligatoire. C'est vrai. Mais il n'est pas obligatoire de cacher son visage. Et il y a plein de sortes de foulards très discrets et jolis.

Ce n'est qu'un exemple. Il y a énormément de polémiques à propos du voile, mais ce n'est qu'un arbre qui cache la forêt.

L'Islam est tellement plus vaste que ce problème vestimentaire... Le Coran, a lui tout seul, est tellement dense... Il y a tellement de choses belles, et étonnantes dedans... La description des transformations embryonnaires est si précise que beaucoup de scientifiques en ont été étonnés. Et il n'y a pas que ça.

Le Coran en lui-même est vraiment surprenant. En le lisant, on ne peut pas tout comprendre directement. Parfois, quand j'ai lu des traductions de certains versets, je sens que mon esprit est incapable d'aller jusqu'au fond de ce qui est écrit. Et une phrase peut-être comprise de mille façons.

Pour ceux qui sont intéressés par les explications scientifiques qu'on peut trouver dans le Coran, je vous laisse ce lien. Bien sûr, c'est un site musulman. Mais il vaut le détour.


Je pense que pour quelqu'un qui ne croit pas en Dieu, tous ces propos ne sont pas très intéressants... Avant, j'étais athée. Quand j'entendais des gens qui parlaient de leur foi, je trouvais ça parfois un peu vieillot, et pas très intéressant. Je crois que c'est Dieu qui ouvre le coeur. C'est Dieu qui donne envie.

La foi, c'est ça. Soit on y croit, soit on n'y croit pas. Si on n'y croit pas, même des preuves dites scientifiques ne sont pas très convaincantes...

Bref. Je me suis convertie, et j'en suis très heureuse. Je ne suis pas frustrée, je ne suis pas opprimée.

# Posté le mercredi 22 novembre 2006 10:57

Modifié le vendredi 31 août 2007 19:06

Ma foi...

Ma foi...
Ah la la.. C'est dur à expliquer...

Avant, j'étais athée... Je ne croyais pas en Dieu. Je trouvais ça trop naïf. Pour moi, croire en Dieu, c'était un peu comme de croire au père noël. Je me disais que c'était les hommes qui avaient inventé ça pour se rassurer.

Quand j'ai eu 17 ans, j'ai rencontré un groupe de jeunes éthiopiens. Je les ai tout de suite beaucoup aimé. Ils étaient entre eux comme des frères. Ils étaient très honnêtes, souriants, généreux, accueillants, chaleureux, simples. Au fur et à mesure que je me rapprochais d'eux, je me suis dit que leur caractère était sûrement relié à leur religion. Ils étaient musulmans. Et rien qu'à cause de ça, j'ai commencé à aimer l'Islam.

J'ai voulu changer. Je voulais avoir un meilleur caractère, devenir comme eux. Mais à ce moment-là, je ne croyais pas en Dieu. Je ne voulais pas encore être musulmane.

Le Ramadhan est arrivé. Ils se sont tous mis à jeûner. Et moi aussi. Je n'étais pas musulmane, mais je voulais voir comment c'était. J'ai bien aimé. J'ai eu de la chance, cette année-là, tout début 98, le Ramadan était en plein hivers, janvier. Les jours les plus courts. Alors, c'était facile de jeûner.

L'année suivante, j'ai commencé à me poser des questions. Sur Dieu. Je me demandais pourquoi certains y croyaient, et pas moi. En y réfléchissant, je me disais que les scientifiques avaient bien prouvé que la religion n'avait pas de fondement. Je me disais que la théorie de l'évolution montrait bien que Adam et Eve n'avaient jamais existé, et que ça prouvait que les religions étaient fausses, puisque la bible ou le Coran ne mentionnaient pas cette évolution.

Il faut dire qu'en Europe, quand on est tout petit, on essaye de nous convaincre que l'évolution c'est prouvé, et que c'est la vérité. En fait, l'évolution reste au stade de la théorie, et même les scientifiques ne sont pas tous d'accord sur le sujet.

Bref. Je n'arrivais pas à croire en Dieu.

En Octobre 98, on partait en voyage d'étude. On pouvait choisir la destination. J'ai choisi la turquie, parce que les organisateurs du voyage avaient mentionné la visite des mosquées. Je voulais les voir. Je me disais que je comprendrais mieux les choses. Que je les sentirais plus directement. Je voulais trouver la foi.

On est parti. J'avais plusieurs copines avec moi. Elles ne partaient pas dans la même recherche que moi. Elles voulaient plutôt visiter le pays.

Arrivée dans l'aéroport d'Istambul. Le climat était chaud et humide. Je ne m'attendais pas à cette humidité chaude en sortant de l'avion.

Dans les rues, saleté et pollution. Il y avait des nuages noirs qui s'échapaient des pots d'échappement des voitures. Mais... L'architecture était magnifique. Il y avait des mosquées partout. C'était tellement beau...

Et puis, surtout... Le adhan. L'appel à la prière. 5 fois par jour... C'est ça. C'est ça qui m'a touchée. La première fois que je l'ai entendu, je me suis sentie tellement bizarre... Il résonnait dans la rue, contre les murs des immeubles... Il a aussi résonné dans mon coeur. Vraiment, je l'ai senti. Ca m'a fait une sensation très spéciale. J'avais envie de pleurer. J'avais l'impression de retrouver quelque chose que j'avais perdu et cherché longtemps sans le savoir. J'étais heureuse, et j'avais mal en même temps. J'avais vraiment une sensation physique dans mon coeur. Et c'est là que j'ai commencé à croire en Dieu.

Istambul restera toujours dans mon coeur. J'y suis pas retournée, mais j'aimerais bien.

Quand je suis rentrée de Turquie, il y avait encore des points qui restaient un peu obscures. Toujours l'histoire de l'évolution. On m'avait tellement mis dans la tête que c'était la vérité, que j'avais du mal à penser autrement. Il m'a fallu du temps pour comprendre que c'était seulement une théorie d'un certain groupe de savants.

J'ai lu beaucoup de livres sur l'Islam. Je suis allée à la mosquée...

Et le 2 janvier 1999, je me suis convertie. Je me rappelle encore... J'étais allée au centre islamique avec une amie éthiopienne. C'était en plein milieu de Ramadan. On avait mangé ensemble vers 17h00 après le maghrib (on coupait le jeune à cette heure-là), et on était allées au centre islamique. Je me rappelle encore du petit foulard que j'avais ramené... Je n'étais pas du tout à l'aise avec.

J'ai dit les deux témoignages ce soir-là. Une fois que je l'ai dit, c'était bizarre. J'étais très contente, mais j'avais du mal à réaliser que j'étais vraiment musulmane. Je m'attendais à sentir un grand changement, ça n'a pas été le cas. Je me sentais exactement comme avant d'avoir dit les deux phrases, sauf que je savais que j'étais musulmane.

Les deux témoignages, c'est ça:

"Ach hadou an la-ilaha-ilallah, wa ach hadou anna Mouhammadan rassouloullah. "

Ca veut dire:

"Je témoigne qu'il n'y a pas d'autre divinité que Allah, et je témoigne que Mohammed est son prophète."

Voila. C'est ce qu'il faut dire, en arabe ou dans une langue qu'on comprend, pour entrer dans l'Islam.

Alhamdoulillah. (Que Dieu soit loué).

# Posté le mercredi 22 novembre 2006 11:24

Modifié le vendredi 27 juillet 2007 11:21

le foulard...

le foulard...
Bon, je voulais quand-même parler de ma propre expérience à ce niveau-là...

J'ai porté le foulard pendant 4 ans. Je l'ai enlevé depuis presque 4 ans aussi.

J'ai beaucoup aimé porter le foulard. Quand je l'ai mis, c'était vraiment ma volonté. Ca faisait environ un an que j'étais convertie, et à cette période-là, je voulais vraiment tout pratiquer dans la religion, et aussi porter le foulard.

Je me sentais bien avec le foulard. Je me sentais jolie, je me sentais respectée par les autres musulmans, et reconnue comme telle. Comme je suis européenne, sans foulard, les gens ne peuvent pas savoir que je suis musulmane. A cette époque-là, j'avais envie de pouvoir passer le salam à une autre fille voilée sans qu'elle se pose des questions.

Ma famille (qui n'est donc pas musulmane) a détesté que je porte le foulard. Moi, j'aimais bien. Mais j'ai senti comme une sorte de frontière avec les gens qui avaient toujours été proches de moi avant ma conversion. En fait, pour eux, c'est comme si j'étais devenue une autre personne.

A l'école, les profs ont vus bizarrement le fait que je porte le foulards. Ils m'ont fait des remarques, mais la direction a accepté, alors ils m'ont laissé. Les élèves ont été gentils. J'ai passé mon bac sans problème, mes notes n'ont même pas baissé après mon "relookage".

Mais après, quand j'ai changé d'école, je me suis retrouvée très seule. Les gens ne viennent pas vers ceux qui ne leurs ressemblent pas. Et puis tout est devenu très pesant après quelques années.

Je n'avais plus d'amis européens, seulement des amis musulmans. (Bon, il y avait bien des européens convertis à l'islam, mais ce n'était pas la majorité). J'ai vite remarqué qu'il y avait une différence de mentalité entre moi et les musulmans de souche. Au niveau de la religion, on était d'accord, et pas de problème. Mais pour d'autres choses, on était pas toujours sur la même longueur d'onde. On ne riait pas forcément des même blagues. On était de cultures différentes. J'avais du mal à trouver quelqu'un qui pourrait me comprendre.

En plus, j'ai eu des problèmes pour entrer dans une autre école où je voulais aller, à cause du foulard. On me l'a dit clairement. On m'a même traitée d'extrèmiste, alors que je n'avais rien fait de spécial.

Je me sentais très seule. Je me sentais parfois rejetée. J'ai finalement enlevé le foulard. Ma famille est redevenue chaleureuse avec moi. Je n'ai plus eu de problème quand je me suis présentée dans d'autres écoles. Je ne suis plus écartée de la société.

Comme quoi, j'ai subi une forme d'oppression de la part de la culture occidentale. On dit au sujet du voile que la femme musulmane est oppressée. Personnellement, j'ai mis le foulard par ma propre volonté. Je l'ai enlevé sous la pression occidentale.

Si j'avais été plus forte et plus pieuse, je l'aurais laissé. J'aime toujours le foulard. Je le met parfois pour sortir, ou aller à la mosquée. Et bien sûr, pour prier. Mais je ne me sens plus du tout la force de le porter à 100%. En tout cas, porter le foulard en Europe, c'est possible. Mais il faut accepter de devenir une marginale.

# Posté le mercredi 22 novembre 2006 11:44

Modifié le vendredi 22 décembre 2006 13:29

Makkah

Makkah
A votre avis, qu'est-ce que c'est que cette photo???

C'est la mosquée al Haram, vue du ciel. A la Mecque. On peut même voir un petit point noir au milieu: la Kaaba. C'est vraiment immense. Des millions de gens venus du monde entier se croisent là-bas chaque année...

J'imagine quelle émotion ça doit être de voir pour la première fois la Kaaba, pour de vrai, en face de soi... Certains m'ont dit que la première fois qu'on la voit, l'émotion est la plus forte, et qu'on ne peut pas s'empêcher de pleurer... Je suis sûre que c'est vrai.

Macha Allah...

# Posté le mardi 28 novembre 2006 11:09

Modifié le jeudi 11 janvier 2007 16:35

La liberté

La liberté
En Europe, on est libre...

La liberté... On dit que notre liberté s'arrête là où commence celle des autres.

Ici, en théorie, on est libre de dire ce qu'on veut (liberté d'expression), libre de croire ce qu'on veut, libre de choisir si on veut être soigné ou non, libre de s'habiller comme on veut.

Je dis bien en théorie. La loi en France qui interdit le foulard à l'école est contraire à la déclaration des droits de l'homme. J'ai le petit bouquin à la maison (c'est étonnant comme il est petit). Voila ce qui est marqué dedans:

"Article 18:

Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites."

Franchement, c'est clair, non?? Cette loi française bafoue les droits de l'homme. Et à quel pays appartient ce slogan: "LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE" ??

Bref... On est libre tant qu'on fait comme tout le monde.

Autre reflexion... La femme sex symbol, a-t-elle beaucoup de liberté??? A-t-elle seulement le droit d'avoir des poils sous les bras??? N'est-elle pas obligée d'être parfaite? Elle pense que c'est elle-même qui veut être la plus belle. Mais au fond, pourquoi le veut-elle??

Honnêtement, pour être reconnu et recherché (pas seulement par les hommes), on est un peu obligé d'être beau/belle... Les gens moches sont souvent un peu en marge, à moins d'avoir un fort caractère.

Alors... On est libre. A condition d'être beau/belle, et d'être à la mode occidentale. Sinon, on est libre d'être rejeté, on est libre de ne pas trouver de travail, on est libre d'être méprisé par tous. Voila la liberté.

# Posté le mercredi 29 novembre 2006 12:12

Modifié le jeudi 12 juillet 2007 15:53